cavalcade

cavalcade, acrylique sur papier petit format, années 70

 

J'ai toujours eu besoin d'un concept pour me mettre au travail. Sur cette série, j'avais celui-ci: peindre le dessin, dessiner la peinture. Dans cette image, on voit le premier temps "peindre le dessin". Ce processus me permettait de noyer les contours. Une fois le dessin peint ainsi, à gros traits colorés, dans un deuxième temps j'appliquais la peinture en la dessinant. Ce qui veut dire que je ne posais pas la couleur comme des à-plats, mais de manière directionnelle, en suivant les lignes de force. Une fois la couleur posée de cette manière, il devenait difficile de suivre les contours. On verra ça sur une prochaine image. Le contour me posait le problème... qu'il n'existe pas dans la réalité. C'est une solution plastique pour que l'on comprenne bien les composants du motif: on trace les contour d'un cheval, puis celui d'un cavalier, puis celui de la créature enlevée par les cavaliers. Mais dans la vie, tout bouge, rien n'est séparé et entre les formes on trouve de multiples passages. Ce problème est aussi celui de "figure/fond" Les peintres naifs, ignorant tout de la question posent les personnages comme s'ils étaient découpés au cutter et collés sur le fond, en ajoutant force peinturlure partout sans parvenir jamais à faire oublier cette découpure, qui est souvent une coupure psychologique avec l'autre.