galicolor

24 novembre 2020

La terrasse, étude

La terrasse

2020 huile sur toile 50 x 50 cm

Voilà, côté jardin, quelques amis réunis. Depuis l'intérieur, en chemise rouge, je les contemple. Voilà une peinture où le peintre, en peinture, regarde le motif qu'il a peint. Que dire d'autre? Ce sont mes amis, mon jardin, mes roses, mes chaises, mon banc... c'est bien chez-moi. Mais quand on peint, tout devient ailleurs, un autre petit monde qui semble tourner tout seul. J'ai appelé ces deux dernières toiles des études, parce que j'ai laissé tomber ma science, ma technique, mes stratégies. Il faut dire qu'en ces moments, la science (médicale) nous parle beaucoup et nous harcèle un peu. Cette réunion amicale serait interdite. Peut-être les images même de non respect de la distanciation sociale seront-elles bientôt jugées subversives?

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17 novembre 2020

2em expo page 9

klapîsch400

La saumonerie Klapischacrylique sur toile, petit format, années 70

Donnant sur la Rue des Rosiers, la rue des Sœurs hospitalières Saint-Gervais abritait, dans ces années là, le magasin Klapisch Frères. Tous deux en blouse blanche, l'un dominant l'autre, servile. On venait y acheter du saumon entier. Pas de vitrine décorée, d'étalages somptueux, de comptoir cossu. Rien que des longues boîtes, cercueils en polystyrène contenant des saumons décédés et fumés. Plutôt une morgue qu'un cimetière, car les saumons fumés se conservent au froid. Le frère Klapisch dominant ouvrait une boîte après l'autre pour le consommateur exigeant. Si l'affaire ne pouvait être conclue, il envoyait son frère,  le cadet sans doute, chercher d'autres spécimens dans la réserve, une deuxième pièce, plus froide encore et remplie des mêmes boîtes blanches.

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03 novembre 2020

la sieste de Grisette, étude

La sieste de Grisette

2020 huile sur toile 50 x 50 cm 

Grisette habite un apenti, au fond du jardin. Notre maison est juste son resto, matin et soir. Si l'on ouvre les portes, elle vient y pratiquer son sport favori, faire du canapé. J'ai fait cette peinture dans un état d'esprit particulier. Je voulais oublier toute stratégie, peindre comme si je n'avais ni passé ni avenir, mais juste le présent à confirmer. Comme un imbécile, on pourrait dire. Cette période de confinement des esprits me réussit bien, je deviens bête comme la vie qu'on nous ordonne, démobilisé et démoralisé. Le virus de la voile et le virus de la toile sont atteints chez moi gravement par le virus de la santé. On ne sait comment, ni quand ni à qui s'en remettre...

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31 octobre 2020

2em expo page 14

dans-la-ville

DANS LA VILLE, acrylique sur toile, petit format, années 70

Je pense aussitôt à mon ami Michel H. Il m'avait acheté ce paysage de rue. Tombé gravement malade, il avait fait accrocher le tableau en face de son lit d'hôpital. "Cette peinture représente tout ce que je souhaite: sortir de ces murs et retrouver la ville" m'avait-il dit. Les bagnoles, l'encombrement, le boucan, la fumée sont figés par la chimie des formes et couleurs et le silence des images. Un air de joie de vivre peut alors être perçu dans la peinture par ceux qui la cherchent et la désirent. Et c'est bien rare qu'on puisse le dise aussi simplement que mon ami Michel.!

 

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28 juin 2020

Le déjeuner sur l'herbe, variation.

D_jeuner_sur_l_herbe

Déjeuner sur l'herbe, huile sur toile 50 x 50 cm, 2020

Je ne suis pas Manet, ça se voit en un coup d'œil. D'ailleurs je n'ai pas dénudé la fille. La scène se passe quelque part au pays des Soviets. On distingue un bout de nappe posée sur l'herbe. Une rivière ou un étang se tient immobile derrière les deux figures. J'ai aimé ce garçon, comme en prière, se tenant humblement en retrait de cette jeune russe blanche qui nous fait face. Son regard n'est pas vide, simplement absent, comme quand on regarde fixement l'avenir, qui est réputé invisible. Elle a, je trouve, la même indécence que le modèle du chef d'œuvre de la peinture "moderne" qui se trouve, curieusement, au Musée des Beaux-arts Pouchkine... à Moscou. Son modèle nu, si nu, Alexandrine, deviendra Madame Zola! Par contre, je ne sais rien de cette gamine aux yeux perdus et n'ai, malheureusement, pas les moyens picturaux de la rendre célèbre, simplement, une tentation de la célébrer.

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31 mai 2020

2eme expo page 13

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De-ci de-là, acrylique sur toile, petit format, années 70

Ce tableau est une fantaisie à partir d'un croquis de Mary, une amie devenue mon ennemie. Je n'ai jamais cherché la signification cachée du titre ou de l'image. De-ci de-là, c'est toute ma vie en zigzag, je pourrai le dire comme ça. Le tableau, lui, peint très méticuleusement comme un napperon brodé, ou une tapisserie, représente Mary accoudée en position allongée, un genou replié. Si je sonde le sens, on voit tout de suite qu'il y a contresens, quatre dans l'un, quatre dans l'autre, couleurs alternées. Elle semble porter un tablier qui s'éparpille dans toute la surface en créant un effet optique. Si quelqu'un a une idée?

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11 mai 2020

Deuxième expo page 12

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jour de fête, acrylique sur toile, petit format, années 70

À la proue du vaisseau de l'Île Saint-Louis, sous le triangle des arbres, une petite foire est improvisée. Un rayon de soleil percute les blancs chemisiers et creuse les ombres... comme dans une composition classique. Avec les modernes, les ombres se sont évaporées, et une grande partie du mystère pictural avec. Cela coïncide aussi avec l'avènement de l'éclairage électrique. Mais pour moi, l'ombre est secondaire. Ce qui me plait, c'est l'éclat de la lumière restitué au centre du tableau.

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26 avril 2020

galerie d'art

galerie_d_art

galerie d'art, huile sur toile, 50 x 50 cm, 2020

J'ai exposé, je ne sais plus quelle année, dans cette galerie provinciale intitulée La Forge. On y forgeait là le mystère de l'art. Je ne saurait vous en dire plus, la chose est restée opaque. Autour de ce secret s'agitent, avec circonspection, les quelques rares amateurs de mystère.

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08 avril 2020

Deuxième expo page 11

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Sur les quais, acrylique sur carton, petit format, années 70

Nous avons tous longé ces quais n'est-ce-pas? Solitaires, amoureux, désespérés ou contents. La Seine assez loin, en contrebas, les bagnoles trop proches. Mais les grands platanes, les si jolies filles de tous les pays, l'air de Paris, quoi !

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04 avril 2020

Deuxième expo page 10

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Dans la rue, acrylique sur carton, petit format, années 70

Peu de choses ont changées sur cette place à l'entrée du Marais. La forme des voitures, pour ceux qui y sont sensible, le chantier de voirie à gauche est fini de puis longtemps, et les arbres... moins nombreux, moins fournis certainement. Les villes ont désappris à aimer les arbres, et maintenant, retour à l'école-écolo, on leur réapprend (assez faiblement) On les avait plantés bien avant "l'ère du carbone". Ils étaient beaux au regard et utiles aux promenades pour l'ombre et la fraicheur. Depuis ils ne semblaient plus servir qu'à y accrocher temporairement les guirlandes de Noël.

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